Victimes silencieuses

Victimes silencieuses Samir MejriDeux années dans un laboratoire d’expérimentation animale
Préface de Brigitte Bardot

Ce livre est un témoignage, un drame de conscience et non une dénonciation. La littérature est une arme d’éveil qui doit tirer le lecteur du long sommeil insipide de la renonciation. L’Académie des sciences souhaite que les conditions d’élevage, de transport et de stabulation des animaux destinés à l’expérimentation obéissent aux règles strictes de l’éthique. L’éthique ?… « Il n’y a pas d’éthique humaine qui soit séparée de l’éthique animale », disait le Professeur Schwarzenberg… A la veille du 21e siècle, nous disons que l’éthique humaine, animale, végétale sera une nécessaité pour la survie de la planète. On a vu naître des comités d’éthique dans le domaine médical… A quand les comités d’éthique dans le domaine animal ?… Végétal ?… Là est notre combat… faire évoluer les méthodes dépassées de l’expérimentation animale et … végétale, c’est contribuer à l’évolution humaine. C’est pour ces raisons que nous publions ce témoignage.

Victimes silencieuses, Samir Mejri, Editions Terradou, 1991, 240 pages

A propos de l’auteur

Samir Mejri fut recruté comme animalier par un laboratoire pharmaceutique en 1988. Il démissionna quelques mois plus tard, profondément choqué par l’atrocité des expériences pratiquées sur les animaux et par l’indifférence, voire le sadisme, du personnel du laboratoire. Il a écrit « Victimes Silencieuses » pour témoigner de ce qu’il avait vu.

Extraits

Non, l’expérimentation animale ne garantit pas votre sécurité, elle garantit seulement le profit des marchands d’animaux et des laboratoires cotés en bourse.

Je ne sais si j’avais jamais entendu parler de vivisection. La majorité des gens connaissent le mot sans jamais savoir de quoi il s’agit réellement. Si ils le savaient, je suis certain qu’ils en useraient avec beaucoup moins de légèreté.

J’ai devant moi la preuve flagrante que la tentative d’anesthésie selon les règles n’est pas possible. En pratique, on sautera cette étape… c’est du temps perdu pour rien…

En passant devant la porte ouverte, j’entends les gémissements d’un chien. Mais des gémissements faibles et très lents, une plainte langoureuse dont l’intensité sonore est basse, mais dont l’intensité émotionnelle est telle qu’elle s’infiltre en moi et me bouleverse.

Il y a dans cette complainte ce quelque chose d’universel, qui, malgré la barrière de la langue ou de l’espèce, vous fait ressentir avec acuité la souffrance d’autrui… Le chien est là, sur une grosse table en aluminium, allongé sur le dos, les pattes attachées en croix, essayant dans des mouvements de torsions, arrachant la peau et les chairs, de se libérer de ses lanières…

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