Créer un groupe local pour les droits des animaux

Il y a des limites à ce qu’une personne seule peut réaliser pour faire avancer la question des droits des animaux. Cependant, en associant les efforts et les idées d’un groupe de gens, il est possible d’entreprendre des campagnes efficaces et de grande ampleur. De telles campagnes nécessitent des compétences, de la stratégie, de la tactique et des idées.

Il y a plus de chances de réunir toutes les conditions requises au sein d’un groupe que chez un seul individu. En effet, même si celui-ci se trouve être un militant accompli, le travail sera plus efficace si d’autres personnes s’impliquent et y prennent part. Les groupes locaux permettent de faire descendre la lutte pour les droits des animaux dans la rue et jusque chez les gens. Plus les groupes seront nombreux à s’engager dans ce combat, plus nous aurons d’impact.

Former un groupe local pour les droits des animaux demande un planning et une organisation minutieuse. Il y a aujourd’hui plusieurs centaines de groupes de ce type à travers le Royaume Uni qui ont commencé à partir de rien, avec juste une ou deux personnes désireuses de s’impliquer davantage. De nouveaux groupes se forment régulièrement, et bien que vous puissiez trouver écrasante la tâche à accomplir, vous n’êtes pas seul(e) !

Cette rubrique sera régulièrement enrichie.

Conseils pour créer un groupe local pour les droits des animaux:

Lancez-vous !

Vous pouvez créer un groupe pour les droits des animaux seul(e) ou avec un(e) ami(e). Dans tous les cas, inciter des gens à s’engager reste une partie essentielle de toute lutte pour le changement.

Commencez avec des gens que vous connaissez. Exposez-leur vos idées et voyez s’ils sont intéressés. Une fois ce premier pas franchi, le groupe est en passe de devenir une réalité.

D’autre part, vous pourrez trouver utile de contacter les représentations locales d’associations et structures de plus grande envergure qui pourront vous aider et vous mettre en contact avec des personnes vivant dans des localités où aucun groupe n’existe et qui sont prêtes à rejoindre le vôtre si cela leur convient.

Le courrier des lecteurs et les petites annonces de la presse locale sont une excellente source de publicité gratuite pour faire connaître votre groupe local. Ecrivez une lettre courte et pertinente à chaque journal dans laquelle vous ferez un bref exposé sur l’exploitation des animaux dans la société et vous annoncerez la création d’un groupe local. Précisez quelles seront ses activités et invitez les gens à vous contacter. Des petites annonces et des affiches avec un contenu similaire peuvent être placées notamment dans les boutiques, bibliothèques et sur les panneaux d’affichage des universités.

A ce stade, vous avez plus besoin de militants dynamiques que de militants “ de salon ” pour prendre votre envol. Les militants de “ salon ” seront très appréciables une fois le groupe lancé, mais pas au début. Ne vous laissez pas décourager si les choses progressent lentement – le plus important étant de rester positif et de travailler avec persévérance.

Répondez à chaque personne qui vous contacte. Dites-lui qu’une réunion est en préparation et que vous lui communiquerez les détails dès qu’ils seront arrêtés. Tenez un répertoire des noms, adresses et n° de téléphone de tous vos contacts. Il peut être utile d’envoyer un document (ou un dossier) afin de fournir quelques informations de base avant la première réunion.

Première réunion

N’organisez pas cette réunion trop longtemps après les premiers contacts. Cette réunion devrait être informelle, et se tenir dans l’arrière-salle d’un café, dans un lieu public ou au domicile de quelqu’un. Le nombre de personnes présentes lors de cette première rencontre devrait donner vous une idée du local nécessaire pour le prochain lieu de réunion.

N’insistez pas pour que les personnes qui participent à cette première réunion soient végétaliens (vegans), végétariens ou même abolitionnistes. Ceci peut vous paraître étrange voire incohérent, mais, en tant que militants, il nous faut rester toujours ouverts. Nous ne devons pas tenter de forcer les gens à changer leur comportement du jour au lendemain, mais être plutôt un exemple pour les autres. En assistant à cette première réunion, les gens ont déjà fait le premier pas.

D’autre part, la plupart des gens ayant une vision très stéréotypée des militants qui défendent les animaux, tenir un stand ou une réunion peut être une bonne occasion de tordre le cou à certains préjugés. Ceci permettra également de donner une image positive à la fois de votre groupe et de vous-même en tant que porte-parole pour les animaux. N’oubliez pas que les groupes les plus efficaces attirent des personnes venant de tous les horizons : actifs, retraités, étudiants…

Compte tenu du fait que beaucoup de gens sont mal informés sur la condition animale, il peut être utile de passer une vidéo en début de réunion. Cela aide à briser la glace entre étrangers et permet aussi aux retardataires de s’installer avant que vous commenciez votre présentation.

Parmi les questions dont vous aurez à discuter, il pourra y avoir :

– Les objectifs du groupe ;
– Les actions à entreprendre ;
– Les disponibilités de chacun des membres ;
– Le nom du groupe ;
– L’identification des cas d’exploitation animale dans la région sur lesquels votre groupe pourrait concentrer ses activités ;
– La fréquence des réunions ;
– La consignation des noms et des coordonnées de chacun ;
– La date et le lieu de la prochaine réunion.
– La communication interne : afin d’éviter à une seule personne de passer toute sa soirée au téléphone pour appeler chaque membre du groupe en vue d’organiser une action ou une réunion d’envergure, établissez un système d’appel téléphonique (surtout si certains membres de votre groupe ne possèdent pas d’adresse électronique). Appelez trois personnes qui en appelleront chacune trois autres et ainsi de suite.

Il est impératif que tout le travail ne soit pas laissé à la charge d’une ou deux personnes. Cela risquerait, d’une part, d’écarter certains membres qui pourraient voir le groupe comme un moyen pour eux de se mettre en valeur, et, d’autre part, d’isoler ceux qui, découragés par le manque de soutien, effectuent tout le travail. Il vaut mieux que les tâches soient bien réparties, en utilisant les aptitudes et compétences individuelles de chacun. Une personne peut être douée pour organiser mais non pour présider, faute de tact, tandis qu’une autre sera douée pour rédiger des tracts mais pas pour tenir la trésorerie (si vous devenez association). Dans ce cas, pour connaître les formalités et commander un ouvrage de référence en la matière, rendez-vous, pour les militants français, sur le site Web du Journal Officiel.

Partager le travail

Chaque personne qui le désire devrait se voir attribuer une tâche spécifique à effectuer d’ici la réunion suivante. Voici quelques suggestions :

– Envoyez un communiqué de presse aux journaux locaux pour annoncer la formation du groupe ;
– Ouvrez un compte bancaire au nom du groupe si vous devenez association ;
– Téléchargez sur des sites militants qui en proposent, créez ou commandez aux associations qui en disposent des dépliants, des affiches, etc. sur le(s) thèmes sur lesquels vous souhaitez intervenir en vue d’un stand d’information notamment. Pour des supports contre la vivisection, cliquez ici ;
– Recherchez des cas d’exploitation animale dans votre localité.
– Contactez le conseil municipal afin d’obtenir l’autorisation de faire une collecte de fonds dans la rue et de tenir un stand d’information sur un marché ou autre lieu passant.
– Contactez les associations et autres structures militantes et visitez leur site Internet pour vous informer de leurs campagnes en cours et voir comment le groupe pourrait les relayer localement.
– Préparez un fichier médias des journaux, chaînes de télévision et stations de radio d’envergure locale, régionale voire nationale.

A propos des médias
Prenez contact au plus tôt avec eux. Il y a souvent des journalistes qui sont sympathisants de la cause animale. Consignez les adresses électroniques des journalistes pour envoyer vos communiqués de presse et du service photo pour envoyer vos photos numériques (de bonne qualité). Notez également les numéros de téléphone et de télécopie (il existe des logiciels spécifiques pour envoyer des fax depuis un ordinateur) ainsi que les heures de bouclage de ces médias pour gagner du temps lorsque vous aurez besoin de faire connaître une action que vous aurez organisée ou d’informer les médias sur tel ou tel événement local. N’oubliez pas que les médias peuvent s’avérer très précieux pour diffuser le message pour les droits des animaux au niveau de votre communauté. Veillez à ce que cette relation soit basée sur la réciprocité. Vous obtenez une couverture médiatique tandis que vous leur fournissez des articles, des photos et des entretiens intéressants sur vos actions militantes. Avertissez-les également de toutes les occasions pour eux de faire des photos. Autre chose : n’oubliez pas que les médias cherchent toujours à exposer les versions antagonistes d’une même histoire. Tenter de duper les médias ne contribuera en rien à aider les animaux. Restez toujours professionnels.

Si besoin, consultez nos communiqués de presse (mettre lien vers Médias) comme modèles pour rédiger les vôtres.

En résumé, affecter un travail à chaque militant lui permettra de s’impliquer et de sentir que sa contribution est appréciée.

Organiser les réunions de travail

Il est important que les réunions aient lieu régulièrement. Les rencontres mensuelles ne permettent pas d’organiser grand chose, en raison de l’intervalle écoulé entre les réunions, et en particulier si certaines tâches demandent une coordination entre plusieurs militants. Se réunir une fois par semaine ou tous les quinze jours est idéal, mais c’est aux membres d’en décider la fréquence. Il est à noter qu’il ne sert à rien d’organiser des réunions régulières si le travail est retardé par les absents.

Chaque réunion devra être constructive et productive – un ordre du jour ennuyeux mène droit à la défection des militants. Chaque membre devrait être encouragé à participer aux discussions et à émettre ses idées.

Ne laissez pas vos réunions devenir le théâtre d’échanges à caractère exclusivement social. Restez concentrés sur ce qui est à l’origine de votre motivation : aider les animaux. Nombreux sont les nouveaux militants qui proposeront la tenue de dîners-réunions fréquents. Cependant, tout le monde ne dispose pas de la même quantité de temps et d’énergie, ressources qu’il vaut mieux consacrer au militantisme plutôt qu’à des séances de cuisine. Veillez néanmoins au caractère convivial de vos réunions afin que tous les participants puissent y formuler en toute quiétude leurs commentaires et suggestions. Organiser une séance de travail afin de préparer des affiches ou de faire du courrier, par exemple, peut motiver les esprits.

Financer vos activités

Dans un premier temps, les fondateurs et membres du groupe devront certainement investir un peu d’argent de leur poche pour lancer le groupe et lui donner les moyens nécessaires à son développement. Néanmoins, il est important de souligner que le manque ou l’insuffisance d’argent ne doit pas être un frein à vos projets et qu’il est tout à fait possible de réaliser de bonnes actions d’information et de sensibilisation avec de modestes moyens. L’énergie et la détermination sont les maîtres mots et n’hésitez pas à solliciter votre entourage pour voir comment il peut contribuer à vous aider (photocopies,…). Plus d’informations sur les sources de financement ultérieurement. Pour utiliser quelques supports prêts à l’emploi, cliquez ici.

Evolution du groupe

Au fur et à mesure que les militants développeront leurs aptitudes, des actions plus ambitieuses pourront être menées. Plus le groupe sera visible, plus il attirera de nouveaux membres. Établissez un planning à long terme. Définissez également un programme de stands d’information ou de distribution de tracts pour les trois ou six prochains mois.

Vous vous apercevrez que le groupe comportera différents types de militants :

– Ceux qui planifient et agissent ;
– Ceux qui parlent de planification et d’actions ;
– Ceux qui participent financièrement ;
– Ceux qui apparaissent lors des manifestations, écrivent des lettres, etc.;
– Ceux qui assistent occasionnellement aux réunions, mais sur lesquels on ne peut pas compter.

Si vous pouvez inciter tout le monde à passer à l’action, tant mieux, mais, à long terme, personne n’aura le même niveau d’engagement et de compétence.

Laissez les militants évoluer à leur propre rythme et acceptez que certains membres puissent quitter le groupe. Soyez reconnaissants pour leur contribution, aussi minime soit-elle, et ne critiquez ou ne mettez jamais dans l’embarras quelqu’un publiquement. Ne culpabilisez pas une personne en lui faisant sentir qu’elle ne s’investit pas assez. Ceci ne l’incitera pas à faire davantage mais bien plutôt à cesser complètement son investissement. Développer la fibre militante chez quelqu’un passe par l’encouragement et la reconnaissance plutôt que la critique.

En outre, il est particulièrement important d’éviter les conflits au sein du groupe. Evitez de critiquer les autres, même de manière confidentielle, car vos propos vous reviendront aux oreilles un jour ou l’autre. Si cela s’impose vraiment, critiquez l’acte ou le comportement plutôt que la personne. Malgré toutes ses différences, le mouvement pour les droits des animaux se doit de présenter un front uni au public et face à l’opposition.

Appliquez-vous à identifier les atouts et les compétences d’une personne plutôt que ses faiblesses (rédaction de courriers, temps disponible pour tenir un stand, accès à un photocopieur…) Valorisez les gens, quel que soit le temps ou la contribution qu’ils sont en mesure d’apporter.

Dans le même ordre d’idée, soyez toujours à l’écoute des idées nouvelles et encouragez chacun à s’exprimer. Organisez régulièrement des sessions de réflexion. Ne laissez pas qui que ce soit dénigrer les idées d’autrui. Chacune personne est quelque part un peu spéciale et même les suggestions qui paraissent hors sujet peuvent présenter un intérêt. Posez des questions et écoutez attentivement ce que les autres ont à dire.

Vous ressentirez parfois que les autres membres du groupe ne sont pas aussi engagés que vous et qu’ils ne font pas tout leur possible pour faire avancer la cause des animaux. Ce sentiment peut s’avérer extrêmement frustrant, mais il est impératif de rester positif. Grâce à une attitude positive, votre campagne sera un succès. C’est aux autres de voir s’ils souhaitent y prendre part ! Adopter un comportement positif est parfois tout simplement ce qui manque pour inspirer et encourager les autres membres d’un groupe.

Pour vous faire connaître, lorsque vous distribuez les dépliants d’une association ou d’une structure dont vous relayez la campagne ou le message, il est conseillé d’y apposer un tampon encreur avec le nom et les coordonnées de votre groupe local (adresse postale éventuelle, adresse email, site Web, téléphone). Ces tampons sont disponibles dans toutes les bonnes papeteries.

Ouvrir une boite postale au nom du groupe fait plus professionnel et permet de préserver les adresses privées des membres. Informez-vous auprès de votre bureau de poste (une fois que vous êtes constitués en association). Dans les grandes agglomérations, il est parfois difficile d’obtenir une boîte postale à La Poste. Dans ce cas, adressez-vous à une société privée spécialisée dans la domiciliation ou la location de boîtes postales.

Vous pouvez envisager de faire imprimer un dépliant fournissant des informations générales sur les activités de votre groupe afin d’attirer de nouveaux membres, mais également sur des sujets spécifiques. Essayez de trouver quelqu’un de compétent en conception graphique et en reprographie et qui puisse vous aider à obtenir un résultat professionnel, à moindre coût. Contactez les maisons de quartier susceptibles de mettre à votre disposition du matériel de reprographie professionnel grâce auquel vous pourrez réaliser des économies appréciables. A mesure que le nombre de membres augmentera vous pourrez envisager de publier régulièrement une lettre d’information, pour informer les moins assidus des activités courantes.

En tant que groupe à la fois nouveau et de petite taille, établissez une liste des priorités pour vos activités. Aussi, les bulletins d’information destinés aux membres du groupe, par exemple, ne devraient pas figurer parmi les priorités majeures. Vos ressources et vos fonds seront bien mieux investis dans les supports éducatifs, les tracts et la documentation de toute sorte, ainsi que pour organiser une campagne.

Vous finirez certainement par souhaiter vous concentrer exclusivement à l’organisation d’une campagne locale afin de faire fermer un laboratoire d’expérimentation, un élevage industriel ou un zoo. Ce type de campagne impliquera probablement votre communauté locale de manière directe et peut représenter l’un des meilleurs moyens d’impliquer davantage de personnes dans le mouvement. Soyez cependant conscients que ce type de campagne nécessite beaucoup plus de temps, d’argent et d’énergie que l’organisation d’actions d’information et de sensibilisation traditionnelles. Davantage de contenu sur l’organisation d’une telle campagne sera bientôt disponible sur cette page. Revenez régulièrement sur cette page.

Un dernier conseil

Gardez à l’esprit que rien ne peut être accompli du jour au lendemain. Soyez patients et faites les choses correctement. Un travail bâclé et sans rigueur coûte du temps, de l’argent, de l’énergie et n’aboutit pas à grand chose. En réalité, un groupe mal organisé peut même s’avérer très dommageable à la cause animale.

Le contenu ci-dessus est une compilation et une adaptation partielles par International Campaigns de conseils disponibles en anglais sur les sites Internet des associations Animal Aid, BUAV et PETA.