Mener une campagne 

Contenu traduit, adapté et enrichi par International Campaigns à partir de la page Campagnes du Guide du militant de PETA

Il existe différents types de campagne, notamment d’information (BSC), de sensibilisation (SMAL) ou de pression (SHAC).

Nous aborderons ici les campagnes de pression car ce sont elles qui exigent le plus d’investissement et de persévérance sur une période la plus courte possible, dans l’intérêt vital des animaux.

Ces conseils sont bien entendu applicables pour lutter contre toutes les formes de maltraitance et d’exploitation que subissent les animaux, et pas seulement contre la vivisection.

Introduction
Si vous souhaitez vous battre pour les animaux et que vous disposez de toutes les informations nécessaires, alors vous êtes prêt à mener une campagne.

Une campagne est une action de longue haleine avec un but bien précis. Fixez-vous un objectif ambitieux mais réalisable et définissez différents niveaux d’action jusqu’à remporter la victoire.

Au cours de votre campagne, il vous faudra sans doute organiser plusieurs manifestations, des marches silencieuses ou des rassemblements. Vous devrez aussi organiser des envois massifs de courriers (papier ou électroniques) et informer le grand public grâce à des stands, des distributions de tracts et des réunions. 

Grâce à une stratégie bien étudiée et à une bonne organisation, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour faire fermer un établissement qui maltraite et torture les animaux et notamment faire abandonner un projet d’élevage d’animaux destinés aux laboratoires d’expérimentation animale. 

Mettre une campagne en place
Une campagne exige un engagement fort, de la planification et de l’organisation. On peut avoir l’intention de faire les choses seul, mais l’aide des autres est toujours très appréciable. Dans tous les cas, il est important de former un groupe local. Dès que vous aurez commencé, d’autres personnes vous rejoindront, même si vous restez certainement l’élément moteur.

La première étape consiste à établir une liste précise de vos adversaires. Faites une liste de leurs forces et de leurs faiblesses. Où sont-ils les plus vulnérables ? Quels arguments vont-ils utiliser pour défendre leur position ? Un projet d’expérimentation peut capoter par manque de fonds ou de résultats. Mettre leurs problèmes en exergue peut suffire à faire pencher la balance en votre faveur et donc celle des animaux.

Réfléchissez aux informations dont vous avez besoin. 

Quel est votre objectif ? 

Déterminez précisément vos revendications.

Qu’attendez-vous de votre adversaire ? 

Ayez connaissance des alternatives possibles (aux recherches effectuées sur les animaux par exemple).

Quel est le minimum acceptable ? 

Vos objectifs sont-ils réalistes ? 

Si l’objectif choisi est trop imprécis, autant s’en rendre compte tout de suite.

Si vous avez une bonne cible, vous pouvez développer une véritable stratégie. Commencez par définir un calendrier pour votre campagne. Ensuite, fixez-vous des objectifs à court terme.

Par exemple, si votre objectif final est de faire fermer une animalerie, commencez par envoyer une lettre à ce sujet aux médias locaux. 

L’objectif suivant peut consister à demander à un autre groupe, par exemple une association de protection animale, de vous aider.

Des objectifs à long terme vous permettent de rester actifs et de vous approcher toujours plus de votre objectif final.

Préparez-vous à être critiqués. Quels arguments vont utiliser vos opposants pour défendre leurs actes ? Comment allez-vous les réfuter ?

Décidez des soutiens dont vous avez besoin car celui du public n’est pas suffisant. Quelle frange du public ? De quels groupes d’individus en particulier ? Cherchez comment les toucher et sur qui vous pouvez compter dès le début de la campagne. Comment allez vous collaborer avec ces personnes ? Tâchez d’analyser la quelle manière dont vous pourrez réagir et neutraliser ceux qui soutiennent vos adversaires.

Choisir sa stratégie
Vous pouvez parfaitement atteindre votre objectif avec un minimum d’effort, notamment au moyen d’envois de courriers (électroniques ou papier), de distributions de tracts ou de tenues de stands. Toutes les campagnes ne nécessitent pas qu’on fasse des manifestations ou des rassemblements. 

En outre, si vous commencez par un coup d’éclat, il vous faudra durer dans le temps. 

Prenez le temps d’étudier les éléments qui conduiront votre campagne au succès. Plus vous prendrez le temps de planifier votre campagne, plus grandes seront les chances de réussite.

Quelques conseils : 

Essayez de contacter vos adversaires. Ecrivez aux responsables de la société mise en cause et expliquez-leur poliment et fermement vos revendications en exigeant que la situation actuelle change.

Accordez-leur un délai de réflexion, mais fixez une date limite pour qu’ils ne vous fassent pas attendre éternellement. On peut toujours imaginer que les responsables de la société incriminée ne soient pas au courant des abus pratiqués si bien que l’on peut envisager de négocier une évolution positive de la situation. Si vous ne contactez pas la direction de l’entreprise en premier lieu, vous perdrez en crédibilité.

Etayez tous vos courriers de preuves et d’exemples précis. Gardez une copie des courriers envoyés et un compte-rendu - écrit - des conversations téléphoniques. 

Avant de porter votre campagne sur la place publique, tâchez d’obtenir l’avis d’experts qui appuieront vos arguments afin d’être encore plus crédibles face au public et aux responsables politiques. 

Rencontrez des scientifiques, des vétérinaires, des médecins ainsi que toute personne ayant l’expérience et la crédibilité requises pour être considérée comme experte en la matière. Expliquez-leur la situation et demandez-leur de rédiger un rapport écrit qui critique votre adversaire et recommande des alternatives.

Créez des documents de base pour votre campagne : un document (tract, brochure…) qui explique les raisons de votre action, un autre qui propose des solutions alternatives, un document présentant l’avis des experts et enfin un petit tract résumant vos exigences et ce que les gens peuvent faire pour vous aider. Ces éléments sont essentiels pour informer le public et les médias. 

Organisez une réunion avec la mairie de la ville et/ou le département concerné par votre campagne. Afin d’obtenir du soutien, expliquez clairement le problème et les changements que vous proposez.

Envoyez un courrier à vos élus locaux, députés ainsi qu’à la direction de la société mise en cause. Expliquez le problème, vos attentes et les alternatives que vous proposez et précisez ce que vous attendez des élus.
Tâchez de rencontrer le plus d’élus possible et d’obtenir leur soutien.

Ecrivez aux journaux locaux ainsi qu’à la presse professionnelle ou économique afin qu’ils écrivent un article sur le sujet. 

Informez les gens autour de vous. Organisez des stands et distribuez des tracts afin de faire connaître le sujet. 

Si vous avez les moyens financiers, faites paraître une annonce dans le journal.

Essayez d’obtenir le soutien d’autres groupes locaux et nationaux. 

Etablissez une chaîne téléphonique "d’urgence" au tout début de la campagne et tenez-la à jour. Elle doit être différente de celle concernant vos contacts habituels et ne doit contenir que les personnes pouvant manifester ou se rendre disponible du jour au lendemain pour une action. 

Donnez à vos adversaires une seconde chance de négocier avec vous. Et le moment est peut être venu de poser un ultimatum si les négociations restent sans succès.

Lorsque vous passez à la vitesse supérieure, ne perdez pas de vue vos activités premières. L’information du public demande un effort constants et s’ajoute aux autres stratégies.

Une montée en puissance de votre campagne implique que vous trouviez de nouveaux moyens de pression tels que des rassemblements ou un théâtre de rue devant le siège de la société concernée. Pour faire monter la pression, vous pouvez organiser une manifestation ou inviter subtilement le public ou les consommateurs à se détourner de cette société au profit d’une autre, le boycott étant globalement interdit et réprimé en France, contrairement aux pays anglosaxons (ce qui explique les victoires remportées par le mouvement pour les droits des animaux dans ces pays). Il est naturellement essentiel que les médias soient présents à chacune de vos actions.

Organiser une manifestation (action mobile), un rassemblement (action statique) ou un "sit-in"

Pour l’organiser, vous devez répondre à ces questions :

Que souhaitez-vous que votre adversaire fasse ? 

Quelles sont vos attentes ?

Que souhaitez-vous révéler au grand public ? 

Que voulez-vous que le public fasse ?

La campagne sera plutôt silencieuse, bruyante, militante ou plus pacifique ? 

Aurez vous besoin d’une autorisation de la police ou de la mairie ? (Certainement)

Quel type de supports utiliserez-vous (posters, banderoles, costumes) ?

Quel type de tracts allez-vous distribuer ?

Assurez-vous que vos tracts énumèrent vos attentes et mentionnent l’aide que le public peut vous apporter.

Vous aurez davantage de chances d’obtenir la présence des médias si l’événement a lieu durant les heures de travail pendant la semaine. 

Vous aurez sans doute plus de manifestants durant le week-end, mais la presse risque fort de ne pas se déplacer. Même si une manifestation a toujours un certain impact, il sera bien moindre pour le public sans couverture médiatique. Ne négligez pas les vacances car il y a souvent moins d’informations prioritaires durant cette période et une action telle que la vôtre peut alors attirer les médias. Choisissez bien la date afin qu’elle ne coïncide pas avec un grand événement sportif ou régional, sauf situation d’urgence ne vous laissant que peu de marge de manœuvre.

Prévoyez d’obtenir, selon le cas, les autorisations nécessaires plusieurs semaines à l’avance, mais n’hésitez pas non plus à faire une manifestation spontanée si nécessaire. 

Une manifestation doit avant tout attirer l’attention. Pensez donc à porter des déguisements voyants, à transporter des cages et utilisez le principe du théâtre de rue

Préparez un tract pour expliquer les raisons de votre campagne. Envoyez les premiers par courrier avant la manifestation et distribuez le reste lors du rassemblement. Faites des posters et préparez un petit tract (le format A5 est très pratique) décrivant la campagne menée par votre groupe. Créez aussi une liste de diffusion électronique et/ou un forum de discussion pour animer et mener votre campagne.

Rassemblez votre groupe avant la manifestation pour faire les banderoles ensemble. En plus de resserrer les liens entre les militants, ceci permettra d’établir une certaine cohésion. Utilisez des photos et des slogans simples mais efficaces. N’utilisez pas de phrases choquantes qui feraient fuir les gens. Afin que votre message soit bien lisible, écrivez au marqueur épais sur un panneau/une pancarte ou à la bombe de peinture (rouge ou noire sur fond blanc) sur un drap

Décidez à l’avance qui sera le porte-parole du groupe mais assurez-vous que chacun puisse répondre à d’éventuelles questions des journalistes ou des passants. N’oubliez pas que vous pouvez être pris en photo par les médias. 

Soyez tous vêtus de façon sobre et correcte (à moins d’avoir choisi de porter des déguisements). Le porte-parole ne doit pas être déguisé car le représentant de votre action ne doit en aucun cas ressembler à un clown.

Scandez des slogans courts, adaptés à votre campagne et faciles à comprendre que vous reprendrez tout au long de la manifestation (sauf dans le cas d’une veillée silencieuse). Les slogans attirent l’attention du public et constituent un fond sonore idéal pour les médias. Rappelez aux participants de ne pas sourire ou rire puisqu’ils protestent forcément contre un sujet grave. 

Ne tenez jamais de propos désobligeants envers les passants. Restez toujours dignes et calmes, mais dynamiques et déterminés.

Prévenez les médias (radio, TV, journaux) par téléphone et communiqués de presse envoyé par fax ou par courrier électronique au moins un jour avant et soyez sur les lieux au moins une demi-heure avant le début de la manifestation/du rassemblement. 

Prenez soin d’avoir visité les lieux avant afin de savoir comment bien organiser votre action. Maintenez votre groupe soudé et rappelez gentiment aux membres de tenir leurs pancartes de manière visible afin qu’elles puissent être photographiées correctement par les médias qui se sont déplacés.

Notez les noms, prénoms, numéros de téléphone et emails des gens qui vous auront rejoints pendant la manifestation afin de pouvoir les contacter pour de futures actions. 

Si la presse a couvert l’événement, demandez à une personne d’enregistrer chaque chaîne qui a dépêché un reporter afin de l’archiver. N’oubliez pas d’acheter le journal du lendemain pour vérifier si un article est paru et de consulter les versions électroniques des journaux sur les sites Internet des médias.

Le présent contenu fournit des conseils et recommandations qui ne sauraient en aucun cas être exhaustifs et absolus.

Cliquez ici pour en savoir plus sur quelques campagnes internationales emblématiques contre l'industrie de la vivisection et dont vous pourrez vous inspirer pour lancer votre campagne.

Pour retrouver les alertes SHAC, Stop Sequani et autres en français, inscrivez-vous à la liste de discussion francophone dédiée à la lutte contre l'expérimentation sur les animaux No Vivisection.

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Dernière mise à jour: 19/10/2005